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Babelicot, sa(u)veurs de légumes

Babelicot

12079, c’est le nombre de kilos de légumes bio sauvés par Babelicot depuis sa création en 2016. Éléonore et Benjamin partagent, à Guipavas, un local avec l’association Vert le jardin. Charlotte sur la tête, salopette, gants et bottes de caoutchouc, c’est la grande classe dans l’atelier. Ça coupe, ça flotte, ça bout, ça chauffe et ça produit de jolies conserves étiquetées d’un logo so cute. Chaque jour, ces allumés du bocal transforment entre cinquante et cent kilos de légumes (de saison bien sur). Des « en trop », des moches, des gros, des durs, des mous, des grands ridés, des p’tits joufflus… pas de discrimination à la petite conserverie. Invendus des producteurs, ces légumes évitent ainsi le compost ou, pire, la poubelle.

 

De la maison à la machine

Les enfants ont de la chance, c’est à la maison qu’Éléonore et Benjamin créent la plupart de leurs recettes. Un peu de légumes par ci, un peu de curcuma par là… et hop, on goûte. Ces alchimistes des saveurs testent ensuite leurs inventions en atelier, sur de plus grandes quantités et dans les « vraies machines ». Parmi les machines, il y a notamment l’autoclave, une méga cocotte-minute. En utilisant la chaleur de la vapeur d’eau (supérieure à 100° Celsius), ce dernier élimine les possibilités de germe. Le procédé modifiant légèrement le goût, c’est le passage à l’autoclave qui valide ou pas une recette et la mise en conserve.

Tartinables pour l’apéritif, sauces et condiments, soupes, purées pour bébé. Voilà ce qui sort de l’atelier Babelicot, avec parfois une touche d’humour : « tartinable de chou’prême », « tartin’algue de carottes ».


Entreprendre : être, apprendre et faire

Le projet Babelicot, né après 10 mois de réflexion et 6 mois de montage, est le résultat de la formule suivante : (compétences + formation d’ingénieurs agronomes X engagement dans une démarche durable) + (goût du challenge et sens de la créativité).

Les légumes et leurs saisons n’avaient plus de secret pour eux. Avant la création de l’entreprise, Benjamin était salarié de l’association Court-circuit (une AMAP améliorée) et Éléonore, responsable développement durable chez Prince de Bretagne. Hors de question toutefois de rester sur leurs acquis. Ça tombe bien, devenir entrepreneur venait avec son lot de nouveautés : élaboration d’un business plan, prise de risques, gestion comptable, communication, négociation, travail de réseau… Et pour apprendre, rien de mieux que d’être accompagné. C’est sous le regard d’Entreprendre au féminin et suite à de précieuses rencontres (Bretagne active, les cigales, l’ADESS) que le projet à émergé. Tant mieux.

 

Babelicot se paie le luxe de refuser ses produits à la grande distribution. Démarche militante ou stratégie commerciale ? Les deux sans doute. Donc pour l’apéro samedi, rendez-vous chez un des cinquante revendeurs bretons (biocoop, épiceries fines ou de terroir, magasins de producteurs…). MIAM, vous m’invitez ?

Photographies : Julie Lefèvre

 

Cliquez sur l’image ci-contre pour retrouver l’entretien avec Eléonore Faucher, co-fondatrice de Babelicot. Des propos recueillis par Virginie Le Gall.

 

 

 

 

 

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